L'hôpital de Saint-Julien en Genevois accueille le 100ème bébé né dans l’eau

La chambre de naissance @hôpital Saint-Julien en Genevois

En janvier 2019, Yasmine est née dans l’eau. Depuis 2016, l’hôpital de Saint-Julien en Genevois propose cette méthode. Pour le plus grand bonheur des jeunes mamans.

« Les accouchements dans l’eau se pratiquent beaucoup dans le Nord de l’Europe, en Allemagne et en Angleterre alors qu’en France moins de dix maternités proposent cette méthode », souligne Catherine Verrecchia, sage-femme coordinatrice sur le site de Saint Julien en Genevois. C’est d’ailleurs après une expérience professionnelle au Royaume-Uni qu’elle a demandé à l’une de ses anciennes collègues de venir former ses équipes. Après avoir travaillé collectivement sur un protocole, validé par les obstétriciens, les sages-femmes se sont lancées, vite convaincues par l’enthousiasme des toutes jeunes mamans. « C’est une expérience qui apporte un plus en termes de vécu. Les bébés naissent dans un contexte plus paisible, dans une autre atmosphère moins médicalisée. La première année, nous avons réalisé 3% d’accouchements dans l’eau, la deuxième année 5% et nous approchons aujourd’hui des 8%. Des femmes des départements limitrophes viennent aussi accoucher chez nous », poursuit Catherine Verrecchia.

Indications et contre-indications

Si deux sages-femmes sont toujours présentes pour sécuriser la naissance en cas de besoins d’intervention auprès de la mère et du nouveau-né, de nombreuses précautions sont aussi prises en amont. « La grossesse doit avoir été normale, explique la sage-femme coordinatrice. Si le bébé présente un poids inférieur à la moyenne, il peut être dépourvu des ressources suffisantes pour faire face à un accouchement. Il peut être en manque d’oxygène et essayer de respirer trop tôt par exemple alors qu’il est encore sous l’eau, c’est donc évidemment une contre-indication. A l’inverse, si le poids du bébé est trop important, nous ne prendrons pas le risque car nous serons limités pour faire certaines manœuvres de dégagement qui pourraient s’avérer nécessaire en urgence. Parmi les autres contre-indications, nous pouvons citer les accouchements par le siège, la préexistence de césariennes – même si l’Angleterre a récemment décidé d’accepter certains antécédents de césarienne pour l’accouchement dans l’eau–, le besoin de poser une perfusion ou d’effectuer une péridurale, ou encore les risques de saignements de la parturiente ». L’équipe de Saint-Julien en Genevois a également décidé de ne pas proposer la méthode aux couples qui se montrent réfractaires aux consignes : « Il faut être compliant. Nous ne pouvons pas prendre le risque d’accompagner une femme qui refusera de sortir de l’eau si on lui demande par exemple ».

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@hôpital Saint-Julien en Genevois

Un soutien local

Malgré la réussite de cette technique – aucune complication n’a été enregistrée à Saint-Julien en Genevois -, l’accouchement dans l’eau reste mal connu en France. « Notre profession est très spécialisée par rapport à l’Allemagne, l’Angleterre ou la Belgique. Nous sommes diplômées après cinq années d’études contre trois années dans les autres pays que je viens de citer. La naissance est beaucoup plus médicalisée chez nous car sous la responsabilité des obstétriciens et de leurs directives contrairement au Royaume Uni par exemple où la physiologie est sous l’unique responsabilité des sages-femmes. Les obstétriciens se montrent parfois frileux aux univers démédicalisés. Heureusement, nous avons eu la chance d’être soutenues localement », explique Catherine Verrecchia. Quant à la formation suivie par les équipes de Haute-Savoie, il s’est surtout agi de « désapprendre à intervenir systématiquement » et à prendre connaissance de nouvelles données (univers aquatique et ses conséquences par exemple): « La perspective est différente entre une femme dans les étriers et une femme dans une baignoire. Il y a des changements à adopter dans l’attitude physique. Il faut aussi faire davantage confiance à la femme, s’adapter à sa position. L’amplitude des gestes est aussi moins importante. Et il faut surtout être attentif aux signes qui vont conduire à demander la sortie de l’eau. »

Contact
GHT Haute-Savoie Pays de Gex
Centre hospitalier Annecy Genevois
1 AV DE L'HÔPITAL, 74370 Metz-Tessy - Téléphone : 0450636363

 

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