Sébastien Taupiac (Ugap) : "Les hôpitaux perçoivent le leasing comme une réelle stratégie financière"

Sébastien Taupiac le 12 février 2019.

Première centrale d’achat public en France et en Europe, avec 2.621 marchés et près de 22.000 clients, l’Ugap défend un achat public «responsable ». Avec 17% de son activité dans le champ de la santé, l’opérateur a détaillé le 12 février les enjeux majeurs du secteur. 

Après avoir signé une convention le 19 décembre 2018 avec la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), laquelle confie aux trois principaux acteurs nationaux un rôle d’opérateur d’achat - l’Ugap a détaillé les enjeux majeurs en santé : ils sont et seront économiques, médicaux et sociétaux. Si les enjeux économiques sont étroitement liés à l’optimisation de la dépense publique, les « gains achats » issus des volumes et de la mutualisation sont loin de constituer le seul levier. Parmi les réponses mises en œuvre, Sébastien Taupiac, Directeur santé de l’Ugap a notamment cité les gains en matière de recours avec une « procédure » extrêmement simple : « un devis, un bon de commande, une facture » et un paiement des fournisseurs à 30 jours. En matière d’enjeux médicaux, 17 acheteurs experts, chacun spécialiste d’un domaine, et 600 personnes sur le terrain développent « une expertise forte dans des champs aussi variés que le médical, l’informatique, l’énergie… En plus d’offrir aux patients un meilleur soin, l’introduction rapide des technologies est un formidable outil au service de l’attractivité médicale, a poursuivi Sébastien Taupiac. Enfin, les enjeux sociétaux sont essentiellement liés à l’égalité d’accès aux soins et à la qualité des soins. C’est un sujet national et nous avons la responsabilité de permettre aux hôpitaux, quel que soit leur lieu d’implantation et quelle que soit leur taille, d’accéder immédiatement à l’innovation ». A noter également une demande croissante des établissements du champ médico-social – et en premier lieu des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes – en matière d’expertise pour la prise en charge et la sécurisation des personnes âgées vieillissantes.
Autre motif de satisfaction pour l’opérateur : 70% des entreprises médicales recensées sont des PME françaises. Un choix qui entre en résonnance avec la volonté de plus en plus exprimée par les hôpitaux de faire vivre l’économie locale. L’Ugap peut également se prévaloir du label « Relations fournisseurs achat responsable », qui récompense les entreprises françaises ayant fait la preuve de relations durables et équilibrées avec leurs fournisseurs. « D’ailleurs, je milite pour que toutes les centrales d’achat se voient imposer par l’Etat ce type de label » a ajouté le directeur santé de l’Ugap.

Le financement locatif comme alternative

Quant à l’évolution des modèles économiques, il semblerait que le financement locatif ait le vent en poupe : « Il a représenté 17 millions d’euros en 2018. Il devrait atteindre 50 millions en 2019 et 100 millions en 2020, note Sébastien Taupiac. Les hôpitaux perçoivent le leasing et la location, non plus comme une réponse à l’impossibilité d’investir, mais comme une réelle stratégie financière ». Car force est de constater que dans ce champ, nombre de biens, notamment technologiques, se déprécient rapidement. L’Ugap réalise aujourd’hui près de 10 cotations par jour sur l’offre de leasing en direction des hôpitaux publics. La centrale d’achat devrait par ailleurs développer d’ici un an une offre de crédit-bail adossé. « Le leasing impacte le budget d’exploitation. Notre volonté est de permettre à l’hôpital d’imputer cette dépense à son budget d’investissement », conclut Sébastien Taupiac.


Dépenses de santé : 200 milliards d’euros
Dépenses de personnels : 40 milliards d’euros
Achats hospitaliers : 25 milliards d’euros
L’Ugap a réalisé en 2018 près de 650 millions d’euros HT d’activité dans le secteur de la santé, dont 600 millions d’euros avec les hôpitaux, et opère près de 40% des achats d’équipements médicaux en France dans le secteur public.

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