« Notre projet médical est né d'une volonté partagée avec les professionnels de ville d'offrir la meilleure qualité de soin aux patients de notre territoire»: Dr Sophie Dorgeret, CH de Rambouillet

Dr Sophie Dorgeret, présidente de la commission médicale d’établissement (CME) du CH de Rambouillet (Crédit photo: Betty Mamane @RHGHT)

Le Dr Sophie Dorgeret, présidente de la commission médicale d’établissement décrypte cette feuille de route présentant les orientations médicales stratégiques de l’hôpital pour les cinq années à venir. Focus sur l’optimisation des filières de prise en charge et le renforcement des liens ville-hôpital pour la garantie d’une meilleure qualité de soins.

Comment a été menée l’élaboration de ce projet médical?

La rédaction du projet médical a été le fruit d’un processus partagé d’élaboration. Dans un premier temps un diagnostic territorial a été réalisé pour évaluer les besoins en santé de la population, l’offre de soins existante, mais aussi les forces et les faiblesses de l’hôpital pour répondre aux différents enjeux. Ce diagnostic s’est fondé sur la stratégie nationale de santé, le projet régional de santé et le projet médico-soignant partagé (PMSP) du GHT Sud Yvelines. Sur cette base, les chefs de service, ont réalisé leur projet médical de service. Deux séminaires ont ensuite été organisés en mai et juin 2019, portant respectivement sur les relations avec nos établissements partenaires et les relations ville-hôpital. C’est sur l’ensemble de ces éléments et réflexions et une volonté partagée de la communauté d’agglomération et du centre hospitalier de Rambouillet de travailler conjointement que s’est construit le projet.

Quels en sont les grands enjeux?

L’élaboration d’un projet médical constitue un événement central dans la vie d’un centre hospitalier. Il permet de se projeter dans l’avenir. Notre établissement s’y engage à garantir une offre de soins de qualité adaptée aux besoins de la population dans une stratégie de coopération avec les autres acteurs du territoire. Cela passe par une structuration et une optimisation des filières de prise en charge, une réévaluation de la pertinence des soins et un renforcement des liens avec les autres établissements du GHT et la médecine de ville.

Le Dr Sophie Dorgeret, présidente de la CME du CH de Rambouillet, expose les grand axes du projet médical de son établissement

Comment se réorganisent concrètement les filières?

Face à une population vieillissante consommatrice de soins, renforcer la prise en charge des maladies chroniques s’avère cruciale. Il s’agit en l’occurrence de développer la filière gériatrique, la prise en charge des cancers, des maladies cardiovasculaires et métaboliques, de l’insuffisance rénale, des AVC, de l’obésité…
Par ailleurs, trois autres grandes priorités s’inscrivent dans notre projet médical. Tout d’abord, la structuration d’un pôle ambulatoire, regroupant les activités de médecine et chirurgies ambulatoires et consultations externes. Ensuite, l’optimisation de la filière femme-enfant, alors que nous faisons face à un taux de natalité particulièrement élevé dans le 78. Nous envisageons ainsi notamment le développement d’un projet de PMA, l’ouverture d’une salle d’accouchement « nature », l’amélioration de la prise en charge pédopsychiatrique… Enfin, compte-tenu de la conjoncture, il est essentiel de fluidifier le fonctionnement des urgences. Nous proposons pour cela de développer les admissions directes dans les services, de renforcer le rôle du « bed manager » et d’améliorer la gestion des entrées et des conditions d’attente via des outils adaptés (tablettes, etc).

Quels sont vos leviers pour garantir une meilleure qualité de soins?

Cela passe, comme y engage la certification V 2020, par la pertinence des soins, la juste prescription, le développement de la pluridisciplinarité et de la gradation des soins. En pratique, il s’agit d’optimiser les prises en charge en diversifiant les modes d’entrée et de sortie, en développant les admissions directes, les reconvocations à partir des urgences, les HAD, et en utilisant l’ensemble des structures présentes sur le territoire. Cela exige en outre de mettre en place des parcours spécifiques (pour par exemple l’obésité, les neuropathies, l’insuffisance cardiaque aiguë, les torsions testiculaires ou le parcours orthopédique chez l’enfant) de favoriser les coopérations inter-services et de poursuivre le développement du Dossier patient informatisé (DPI), un outil crucial dans le fonctionnement de l’hôpital. Tous ces éléments participent à une optimisation de la prise en charge et du parcours du patient.

En pratique, qu’est ce qui va changer pour le patient?

Pour exemple, un patient qui fait un AVC à son domicile va être pris en charge sur place par le SMUR ou les pompiers, puis il sera transporté en premier recours à l’hôpital de Rambouillet pour l’imagerie, le diagnostic et les premiers soins. Mais s’il lui est prescrit une thrombolyse (traitement destiné à désobstruer les artères), il sera débuté sur place et porsuivit après son transfert à l’hôpital de Versailles, établissement support du GHT, au sein de l’Unité de soins neurovasculaires. De fait, il est essentiel que ces avancées s’accompagnent d’une évolution de la culture de l’hospitalité que ce soit dans la qualité de la relation, l’accueil du patient ou la recherche de son bien-être. L’enjeu étant de l’inciter à s’impliquer mieux dans sa propre prise en charge. Ce, à travers des programmes d’éducation thérapeutique notamment. L’un des plus récents sur la prise en charge de la douleur est d’ailleurs en cours de labellisation.

Comment envisagez-vous de favoriser l’intégration du CH de Rambouillet sur son territoire?

Notre principal objectif reste de renforcer notre collaboration avec les établissements du GHT, ainsi qu’avec les autres établissements sanitaires et médico-sociaux pour fluidifier le parcours patient. Ce, notamment à travers le développement des consultations avancées et des téléconsultations (notamment en chirurgie, en gynécologie, en cardiologie, en néphrologie) mais aussi des moyens de communication : diffusion d’un nouvel annuaire, communication sur les profils de patients gériatriques pour optimiser l’aval… Nous travaillons aussi à encourager la synergie entre le CH de Rambouillet, la ville de Rambouillet et la communauté d’agglomération. Par exemple, par le biais de notre participation aux groupes de travail sur le Contrat local de Santé ou à la création de la Communauté professionnelle territoriales de santé.

Par quels moyens entendez-vous renforcer les liens avec la médecine de ville?

Nous y travaillons au sein du groupe de travail ville-hôpital que nous avons institué, qui réunit des médecins libéraux et paramédicaux du territoire, des médecins hospitaliers et des administratifs pour échanger sur les actions à mettre en œuvre pour améliorer les relations ville-hôpital. Nous organisons dans ce contexte des événements réguliers pour dynamiser les relations, comme par exemples des « soirées ville hôpital » auxquelles sont conviés professionnels médicaux et non médicaux.
Dans le même temps, sur le terrain, nous développons des outils pratiques pour faciliter les échanges. Nous projetons ainsi l’instauration de numéros d’accès directs médecin traitant/médecin hospitalier et d’une information systématique du médecin traitant de l’admission ou de la sortie d’un de ses patients. Nous envisageons aussi de réserver des plages sur notre plateau technique et des consultations dédiées pour des prises en charge rapides de patients adressés par les praticiens de ville.

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