Valenciennes expérimente un nouveau mode de financement des soins !

Rodolphe Bourret, directeur du centre hospitalier de Valenciennes

S'approprier l'article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale pour innover en matière de tarification des soins. C'est le défi qu'entend relever le centre hospitalier de Valenciennes, sélectionné pour une expérimentation nationale d’un paiement à l’épisode de soin sur les prises en charge de prothèses de genou et de hanche (orthopédie), et de la colectomie pour cancer.

La loi de financement de la sécurité sociale de 2018 a introduit, en son article 51, un dispositif permettant d’expérimenter de nouvelles organisations en santé reposant sur des modes de financement inédits. Et ce, dès lors que ces nouvelles organisations contribuent à améliorer le parcours des patients, l’efficience du système de santé, l’accès aux soins ou encore la pertinence de la prescription des produits de santé. Le CH de Valenciennes a été sélectionné dans ce contexte pour un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) du ministère des Solidarités et de la Santé et de la Caisse nationale de l’Assurance maladie sur les prises en charge de prothèses de genou et de hanche (orthopédie) et de colectomie pour cancer.
« Cette expérimentation permettra à notre établissement de poursuivre sa recherche constante d’amélioration de la qualité des soins, des dépistages, des délais d’attente, de limiter les complications, les durées de séjours et d’optimiser le confort du retour à domicile. Tout cela au meilleur coût pour rendre accessible au plus grand nombre de patients les techniques les plus innovantes», se félicite Rodolphe Bourret, son directeur.

Déterminer une tarification qui correspond à la réalité du terrain

Dans le cadre de cet appel à projet national, l’instruction des dossiers a identifié les candidats les plus représentatifs en termes d’organisation, de répartition géographique, de statut et de niveau d'activité. Au total 25 candidatures ont été retenues pour les prises en charges orthopédiques seules, 8 pour la colectomie pour cancer seule et 3 pour les 2 prises en charge dont le CH de Valenciennes.
« Nous avons choisi précisément ces épisodes de soin car nous avons noté un déficit dans leur prise en charge tarifaire. Celle-ci n'est pas adaptée aux récents changements de pratique, explique Rodolphe Bourret. Aujourd'hui nous avons des typologies de patients très différents, et des modes de rémunération au forfait avec des facteurs de comorbidité qui ne correspondent pas du tout à la réalité du terrain».

De nouvelles pratiques à prendre en compte

« Les nouveaux modèles de prise en charge sont à prendre en compte, tels les protocoles de réhabilitation améliorée après chirurgie, qui permettent de réduire de façon notable les durées moyennes de séjour, relève le directeur du CH de Valenciennes. Or les modes de tarification en place actuellement ne prennent pas en compte ces nouvelles techniques, ni d'ailleurs les prestations de coordination. Alors que la tendance qui s'installe est celle d'une prise en charge globale du parcours de soin du patient: de la première consultation jusqu'à sa guérison complète». Et de donner pour exemple la pose d'une prothèse de hanche, pour laquelle ce sont de nombreux et divers acteurs hospitaliers et libéraux qui sont amenés à intervenir tout au long de la prise en charge. Pour Rodolphe Bourret, il est dès lors essentiel de «participer à la définition des financements qui correspondent à ces nouveaux parcours de soin, en tenant compte de l'indice qualité». Le cahier des charges devrait être terminé d'ici fin avril pour commencer l'expérimentation à l'été.

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