Résultat 2018 du centre hospitalier de Bastia

La progression des produits T2A sur 2018 est de 2,4 M€ @pixabay

Le déficit 2018 au compte de résultat principal (CRP) s’établit à 4,6 M€, en conformité avec le résultat prévisionnel à l’EPRD 2018 approuvé par l’Agence régionale de santé (ARS) Corse. Pour mémoire, le déficit comptable constaté au CRP 2017 était de 2,2 M€ grâce à une aide exceptionnelle de trésorerie de 14 M€. Selon le principe de la dégressivité des aides, le montant d’aide alloué en 2018 a été de 10,5 M€, proche du niveau accordé en 2016 (10 M€).

« Le résultat 2018 traduit notre respect de la trajectoire de redressement prévue pour cet exercice et augure bien de notre engagement sur 2019 », commente le directeur, Pascal Forcioli. « Nous aurions aimé améliorer davantage cette trajectoire mais nous avons subi une augmentation des dépenses de personnel liées au remplacement de l’absentéisme tant pour le personnel médical que le personnel non médical ». Fin 2018, les dépenses de personnel augmentent de 2,7 M€ par rapport à 2017, dont 1,9 M€ pour le personnel non médical (PNM) et 879 K€ pour le personnel médical (PM). En 2017 la progression des dépenses de personnel non médical était de 3,4 M€ et celle des dépenses de personnel médical de 1,9 M€. « On observe donc une décélération de l’augmentation de la masse salariale qui va dans le bon sens », note Pascal Forcioli.
La progression des ETP moyens rémunérés (ETPMR) affectés aux budgets H et G est de 23 pour le PNM par rapport au budget H en 2017 (ce qui correspond à l’augmentation de l’absentéisme de longue durée supérieure à 1 mois faisant l’objet de remplacements) et 9 pour le PM (correspondant à des recrutements sur postes vacants et à davantage de mensualités de remplacement d’absentéisme de longue durée).

Compenser l'absentéisme

La progression des dépenses de remplacement médical augmente de 312 K€ entre 2017 et 2018. « Cette situation résulte à la fois du vieillissement de la pyramide des âges des médecins qui crée de l’absentéisme, et – malgré des recrutements médicaux enregistrés depuis fin 2017 – de la problématique générale de l’attractivité de l’exercice médical en Corse qui a été soulignée lors des travaux d’élaboration du PRS 2 et qui touche à la fois le secteur public, le secteur privé et la ville », explique Pascal Forcioli.
La progression des produits T2A sur 2018 est de 2,4 M€. Elle était de 1,4 M€ en 2017 correspondant alors pour une large part au relèvement de 3 points du coefficient géographique en mars 2017. « La progression des produits en 2018 reflète davantage le dynamisme de l’activité médicale, particulièrement en chirurgie », observe le directeur tout en soulignant que « le développement de l’activité reste très dépendant de la capacité à recruter et fidéliser les équipes médicales sur le long terme ». Lors du conseil de surveillance du 3 mai 2019, Pascal Forcioli a présenté un bilan des actions du plan efficience pour 2018. 
« Une grande partie des actions ont été réalisées, elles contribuent au respect global de notre trajectoire », explique Pascal Forcioli. Dans le détail, les objectifs tenus sont l’amélioration du codage des actes et consultations et l’optimisation du codage des séjours ; l’amélioration de l’IP-DMS notamment en cardiologie, gastrologie, néphrologie,
hospitalisation de semaine en médecine, chirurgie, pédiatrie et médecine polyvalente avec un net impact sur les produits en chirurgie ; une augmentation des produits liés à la chirurgie ambulatoire de 19 % ; la poursuite du développement de l’activité de soins de suites cardiaques en hôpital de jour ; une augmentation de 24,8 % de la part de la chirurgie programmée entre 2017 et 2018 – ce qui est un signe positif sur l’attractivité de l’hôpital ; la mise en place d’une activité nouvelle en hématologie en partenariat avec l’Institut Paoli Calmettes qui permet aux patients d’accéder à des traitements en Corse et est un facteur d’économies sur les transports pour l’assurance maladie et la réduction des dépenses de titre 2 et celles de titre 3.

Progrès continus

Les objectifs non atteints concernent le développement des hôpitaux de jour, de la pédiatrie, de l’activité de dialyse, et la réduction de l’absentéisme et des dépenses de remplacement pour le PM et le PNM. « Ce bilan peut être vu en demi-teinte du fait de l’impact des dépenses de personnel sur l’ensemble, mais on doit souligner les progrès continus réalisés qui d’ailleurs se poursuivent en 2019, notamment pour ce qui concerne le dynamisme de l’activité médicale et chirurgicale, le virage ambulatoire, la maîtrise des dépenses logistiques. Par ailleurs, nous avons sensiblement contracté les effectifs et la masse salariale depuis fin 2018 tout en restant attentifs à ne pas mettre les équipes trop en tension », explique le directeur. Le déficit structurel du CH de Bastia reste de l’ordre de 14 M€. Il s’explique par plusieurs facteurs selon le directeur : un sous-financement de certaines MIG, le surcoût de l’intérim médical, l’impact de l’absentéisme de plus de 30 jours (plus d’une centaine d’ETPMR pour le personnel non médical), le coût des postes aménagés affectés en surnombre dans les services (une trentaine d’ETPMR), le poids croissant des locations financières en l’absence de capacité d’autofinancement des investissements, et surtout l’impossibilité d’atteindre le point mort sur la plupart des activités MCO comme le montrent les comptes de résultat analytique (CRéA). « Cette impossibilité est commune aux établissements de santé publics et privés de Corse : elle tient à l’inadaptation de la T2A aux volumes d’activité limités par la taille populationnelle de nos bassins insulaires. Cette spécificité justifie selon moi la construction d’un nouveau modèle de financement des activités MCO corses dans le cadre de la future réforme du financement du système de santé et de la déclinaison du volet spécifique à la Corse de la stratégie nationale de santé» expose Pascal Forcioli.

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Route Royale, BP 680, 20604 Bastia

 

 

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