Alcool, tabac, cannabis, écrans… : l'ARS prévient les addictions pour améliorer la santé des Ligériens

3 000 décès de Ligériens seraient attribuables à l’alcool chaque année, dont trois quarts concerneraient des hommes. @pixabay

Les addictions constituent un enjeu majeur de santé publique dans la région des Pays de la Loire. C’est l’une des cinq priorités du Projet régional de santé 2018-2022. L'Agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire, en concertation avec l’ensemble des acteurs ligériens, a élaboré et lancé le 29 mars 2019, le Programme régional de prévention des addictions 2019-2022.

Les données d’observation des habitudes de consommation des Ligériens, notamment le Baromètre Santé publique France 2017 et l’étude Escapad 2017, révèlent une baisse globale des consommations d’alcool, tabac et cannabis depuis 2014. Pour autant, la situation demeure particulièrement préoccupante pour ce qui concerne l’alcool : les Pays de la Loire sont la première région de France pour la consommation quotidienne d’alcool (9% des Ligériens de 18-75 ans consomment de l’alcool quotidiennement, 44% au moins une fois par semaine). Dans les Pays de la Loire, entre 2000 et 2012, les pathologies directement liées à la consommation d’alcool ont été responsables de près de 7% des décès avant 65 ans. On peut estimer que 3 000 décès de Ligériens seraient attribuables à l’alcool chaque année, dont trois quarts concerneraient des hommes. 

19 priorités et un effort financier

A travers 19 actions prioritaires, l'objectif du Programme régional de prévention des addictions est de réunir l’ensemble des acteurs du champ de l’addictologie (au sens large, incluant l’Education nationale, les collectivités territoriales, les Universités…), pour améliorer l’efficacité et la lisibilité des interventions de prévention des addictions sur les territoires, et leur articulation avec le soin. Les interventions prévues par le programme privilégient une approche d’ « universalisme proportionné », prenant en compte le gradient social. Il s’agit d’offrir des interventions sur une base universelle, et de les moduler, c’est-à-dire les adapter et en augmenter l’intensité en fonction des besoins spécifiques et des vulnérabilités, qui sont plus importantes à certains moments de la vie ou dans certaines circonstances.
Les publics prioritaires sont les adolescents et les jeunes, les publics précaires, les personnes en situation de handicap, les personnes sous main de justice, les milieux professionnels et les femmes enceintes. Cela exige d’amplifier les interventions dans les différents milieux de vie, au plus près des usagers : les écoles, les universités et les centres d’apprentissage, les milieux festifs, les prisons, les entreprises, les maternités, etc.
En 2019, le montant alloué par l’ARS Pays de la Loire pour la prévention des addictions a triplé : il est passé de 1 M€ en 2017 à 3 M€ 2019 (et jusqu’en 2022). En incluant les moyens engagés par les partenaires de l’ARS (MILDECA, Santé publique France, Conseil régional, fonds de lutte contre le tabac, Inca), ce budget s’élève à 3.6 M€. A cela s’ajoute le financement des programmes de développement des compétences psychosociales par l’Education nationale. 

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