Responsabilité populationnelle, cinq territoires tentent l'expérience

A l'initiative de la Fédération hospitalière de France, cinq territoires – l’Aube et le Sézannais, la Cornouaille, les Deux-Sèvres, le Douaisis et la Haute-Saône – ont décidé d’engager l’ensemble de leur communauté de santé dans une expérimentation basée sur la responsabilité populationnelle.

Comme l’a rappelé Antoine Malone, responsable du pôle « Prospective » de la Fédération hospitalière de France (FHF), le 4 septembre 2018 : « la responsabilité populationnelle vise un triple objectif : une meilleure santé pour la population, une meilleure expérience pour le patient, un moindre coût pour la société. Elle implique aussi de dépasser les oppositions ville-hôpital ou encore de miser sur la prévention. »

Expérimentation

C’est ce que les acteurs hospitaliers, libéraux, associatifs et politiques de cinq territoires – l’Aube et le Sézannais, la Cornouaille, les Deux-Sèvres, le Douaisis et la Haute-Saône -, représentant pas moins de 1,5 million d’habitants, se sont engagés à mettre en œuvre d’ici quelques semaines. « Nous allons créer autour des patients et des populations, des micro-systèmes cliniques intégrés qui fonctionneront comme une entité unique, indépendamment de leur affiliation libérale, hospitalière… », a poursuivi Antoine Malone.
Différentes étapes jalonnent la préparation de l’expérimentation : après avoir identifié la population – en retenant des données socio-économiques, cliniques ou économiques -, il conviendra de la « stratifier » selon un schéma pyramidal. Depuis la base, qui définit les actions de prévention du risque et qui concerne le plus grand nombre de personnes, jusqu’au sommet qui détaille les modalités optimisées de prise en charge des patients les plus complexes, sachant qu’un très faible pourcentage de patients consomme la majorité des dépenses de santé.
En termes de méthodologie, les programmes cliniques, « recettes de cuisine sur lesquelles se mettent d’accord les cliniciens pour une population donnée », sont élaborés en commun.

Ce qu'un système ou une organisation de santé doit faire

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LE TRIPLE OBJECTIF

Deux pathologies seront plus particulièrement ciblées : le diabète et la broncho pneumopathie chronique obstructive (BPCO), le choix de travailler en commun sur ces deux pathologies permettant aux acteurs de ces cinq territoires d’apprendre et d’avancer ensemble, notamment en s’inspirant d’initiatives locales. Cette décision est également justifiée par la mise en commun des données épidémiologiques. Par exemple, près de 60 000 personnes ont vécu une hospitalisation en lien avec le diabète au cours des cinq dernières années dans les cinq territoires.
« L’intégration clinique ne signifie pas « fusion ». Chaque partenaire conserve son statut. Les modes de rémunération ne bougeront pas, sauf à la marge et grâce au programme Incitation à une prise en charge partagée (Ipep) de l’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018, les partenaires pourront conserver les sommes économisées », a conclu Antoine Malone.

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