La crise du COVID, un accélérateur des coopérations sanitaires et médico-sociales

La crise du COVID, un accélérateur des coopérations sanitaires et médico-sociales

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Pour une meilleure prise en charge des patients, l’amélioration des coopérations entre hôpital, domicile et Ehpad est un préalable indispensable. Si certains dispositifs existaient avant la pandémie, la crise sanitaire a permis de booster nombre de projets. Où en est-on aujourd’hui ? Quelles sont les innovations en matière de prise en charge de nos aînés ? Trois professionnelles ont témoigné de très belles avancées dans le cadre de SantExpo Live.

« La crise a permis de passer des travaux théoriques à la pratique, les hôpitaux ayant eu à cœur de protéger les Ehpad en grande difficulté », a exprimé Céline Balandier, en charge de la mission USLD à l’AP-HP. Et de citer quelques réalisations intervenues au cours de ces derniers mois : « Il existe 700 Ehpad, représentant 64 000 lits, en Ile-de-France. Nous avons pu mettre en place une organisation pour les aider, grâce notamment à la structuration des filières gériatriques par l’ARS. A ce jour, 33 filières gériatriques existent dans notre région, tous les Ehpad sont couverts ; l’AP-HP en porte douze et soutient 250 Ehpad ». Les 15 équipes mobiles gériatriques de l’AP-HP (l’Ile-de-France en compte 50) ont également permis de diffuser la culture gériatrique dans l’ensemble des services hospitaliers et même au cœur des Ehpad. Parmi les autres actions développées par l’AP-HP pendant la crise sanitaire, figurent la mise en place de 12 hotlines que les professionnels des Ehpad pouvaient joindre de 8 à 18 heures, la création d’un numéro de téléphone unique pour l’HAD joignable 24 heures sur 24, l’accueil dans une unité dédiée à l’hôpital Corentin-Celton d’une centaine de patients atteints de troubles cognitifs sévères et déambulant ou encore la mobilisation de 1.000 volontaires de la réserve civique.

A l’échelle des GHT

Valérie Friot-Guichard, Directrice Générale Adjointe des Hôpitaux Champagne Sud (Troyes) a quant à elle cité la création fin mars 2020 par le GHT de l’Aube et du Sézannais d’un comité de gestion de crise intégrant la vision médico-sociale  Ce "comité médico-social" regroupe la Mas, les Ehpad et les USLD. Et l’analyse des problématiques a rapidement permis d’apporter des réponses adaptées aux besoins très concrets des Ehpad : les aider dans la mise en place des mesures barrières, mettre à leur disposition des équipes de bio-nettoyage, renforcer la présence de médecins coordonnateurs, proposer un modèle de courrier à envoyer aux familles... « La réactivité a été très forte pour faire connaitre les spécificités du médico-social », a souligné Valérie Friot-Guichard. La Directrice Générale Adjointe des Hôpitaux Champagne Sud a également mentionné le soutien apporté par les équipes mobiles de gériatrie et de soins palliatifs, la coordination des acteurs y compris avec les services de soins à domicile ou encore la création d’un comité d’éthique.

Des projets préexistants

Cela étant précisé, des dispositifs préexistaient à la crise sanitaire, comme par exemple la mise en place d’équipes mobiles d’infirmières de nuit en Ehpad dès 2012Cette idée est née de la volonté de soutenir les équipes, particulièrement les aides-soignantes. Ce dispositif a été instauré dans sept départements franciliens pendant quatre ans à titre expérimental avant d’être généralisé à l'ensemble du territoire sous la forme d’appels à projets. 40 à 45% des Ehpad peuvent aujourd’hui bénéficier de ces équipes mobiles », a rappelé le Dr Christine Chansiaux, Gériatre, chef du Pôle Médico-Gérontologique et Soins Palliatifs du CH Rives de Seine à Courbevoie-Neuilly. Elle a également présenté Vigie âge, un projet initié en mars 2020 qui fait appel aux nouvelles technologies pour faciliter les remontées de données médicales ou encore d’informations liées aux possibilités de la domotique, comme le contrôle de l’ouverture d’un frigidaire par exemple – ce qui permet d’intervenir le plus rapidement possible en cas d’anomalie. L’action, mise en place en septembre 2020, a déjà prouvé son efficacité en termes de soins et d’accompagnement. « L’idée est d’intervenir en complémentarité et d’éviter, grâce à la télésurveillance, des passages aux urgences. Nous suivons à ce jour une quarantaine de patients », a conclu le Dr Christine Chansiaux.

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