Un tiers des hospitaliers dit avoir subi des gestes déplacés

Un tiers des hospitaliers dit avoir subi des gestes déplacés

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Le Syndicat des manageurs publics de santé (SMPS) publie les résultats d'une enquête sur les comportements relevants d'agissements sexistes ou de harcèlements sexuels dans le cadre hospitalier. Cette étude indique, par exemple, que 14% des répondants ont déjà été embrassés de force et 8,5% touchés dans une zone génitale, principalement des femmes.

« Un de mes anciens chefs m'a dit un jour que je devrais plus souvent porter du vert, car c'était une couleur qui m'allait vraiment (sur un ton libidineux, alors qu'il s'était permis de s'enfermer avec moi dans mon bureau, qui était jusque-là ouvert)» ; «un chef de pôle s'est permis de me dire que je devrais cesser de mettre mon imperméable rouge, car ça avait excité les hommes de l'assemblée, quand j'étais entrée dans la salle» ; « Lors d'un entretien de recrutement, un chef d'établissement m'a dit que j'étais plus jolie en vrai que sur la photo, en m'observant longuement».

Autant de témoignages reçus par le SMPS, dans le cadre de l'enquête. Pourtant, la réalité de ces comportements est encore considérée comme taboue par le milieu hospitalier. Ce sondage a été réalisé auprès de 300 personnes, constitués à 76% de femmes et 22% d'hommes.

Les femmes victimes

La majorité des femmes ayant répondues ont subi ce type de comportements, parfois de manière répétée. Pour exemple, près de deux tiers (63%) ont déjà entendu des remarques gênants sur leur tenue ou leur physique. Près de la moitié (44,5%) ont été le sujet de sifflements, gestes et commentaires grossiers voire regards concupiscents au moins une fois, pour 35%, c'est arrivé à plusieurs reprises.

Un comportement habituel dans certains établissements. «Certains directeurs généraux sont connus de la profession pour être des spécialistes de tels agissements. Les noms se transmettent entre femmes pour éviter d’aller travailler dans leurs établissements», évoque un témoignage anonyme.

Dans l'ensemble, les victimes sont à plus de 80% des femmes, parfois à 95 voir 100% en fonction du geste ou du comportement subi. À noter qu'un viol non signalé a été déclaré dans le cadre de cette enquête. L'auteur étant un supérieur hiérarchique, de profession médicale. Dans le même registre, deux répondants ont indiqué connaître des managers ayant été violés dans le cadre de leur travail.

Pour en savoir plus : Analyse sur les agissements sexistes, le harcèlement sexuel et les violences sexistes et sexuelles chez les managers de santé

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