Les hospitaliers en ligne de mire face au déconfinement

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À quelques jours de la reprise de l'activité économique, le Conseil scientifique COVID-19 appelle à la prudence gouvernementale. Dans son dernier avis, il a averti que le milieu hospitalier n'est pas prêt à affronter une potentielle quatrième vague. La crise sanitaire a déjà laissé un profond impact sur le personnel soignant et détérioré son état psychologique.

Le plan de réouverture annoncé le 30 avril par le gouvernement « s’intègre dans une vision stratégique de vivre avec le virus, y compris à un niveau élevé, en essayant d’éviter un impact majeur sur le système de soins », indique le dernier avis du Conseil scientifique, publié le 6 mai.

Si elle confirme « une baisse récente et rapide de l’incidence sur l’ensemble des régions avec un niveau encore élevé de la pression hospitalière » l'instance s'inquiète du risque potentiel d'une 4e vague épidémique et tient à souligner « l’importance majeure d’une réouverture prudente, maîtrisée et avec des objectifs sanitaires » et « l’incertitude de la situation épidémiologique dans un contexte de circulation virale initiale élevée où l’efficacité attendue de la stratégie vaccinale peut être perturbée par les variants ». La principale crainte du conseil scientifique reste que l'hôpital et les professionnels de santé ne puissent pas encaisser une nouvelle vague épidémique.

Les hospitaliers sous haute tension

Face à la crise sanitaire, l'instance observe que les hôpitaux ont fait preuve d'une « remarquable adaptation », malgré une charge de travail très importante. Le système de soins n'a jamais semblé débordé, « cependant, cet effort qui dure depuis plus d’un an n’est pas sans conséquence ni pour les soignants et les autres personnels des hôpitaux, ni pour les patients ».

Cependant, l'un des impacts de la pandémie reste la baisse globale de l'activité de soins médicaux et chirurgicaux hors-COVID. « On observe une déprogrammation des interventions dites non-urgentes, qui vise à libérer des lits d’hospitalisation et du personnel soignant », explique le Conseil scientifique. Ces reports représentent des pertes de chance pour les patients. En plus du caractère anxiogène qu'ils peuvent ressentir, s'ajoute chez ces derniers un sentiment d'abandon du système de santé. Les soignants sont quant à eux fortement affectés par cette situation qui les oblige à devoir prioriser des pathologies ou à établir une hiérarchie de la gravité médicale.

Augmentation du stress post-traumatique

Le Conseil scientifique constate en outre une hausse du stress post-traumatique chez les personnels de soin. Cette intensification aurait plusieurs sources : « confrontation à l’augmentation du nombre de décès, notamment dans des services dans lesquels la mortalité est habituellement faible, accueil de malades dans des secteurs non adaptés à leur prise en charge avec le maximum de sécurité... ». De plus, l'impact des restrictions sanitaires sur la santé mentale française est également notable sur celle des professionnels de soin.

Le groupe d'étude français FAMIREA a évalué la présence d'anxiété, de dépression et de dissociation péri-traumatique dans 21 services de réanimation, entre le 20 avril et le 21 mai 2020. Parmi les 1058 répondants : 50,4% expriment de l'anxiété, 30,4% ressentent un état de dépression et 32% éprouvent un sentiment de dissociation péri-traumatique.

Le stress post-traumatique semble être plus répandu chez les jeunes soignants, moins expérimentés, et débutant en pleine crise sanitaire. L'absence de formation et de soutien psychologique aura des conséquences sur toute une génération de soignants, estiment les exeprts. Le rapport indique que « quand il n’est pas pris en charge le syndrome de stress post-traumatique peut se chroniciser (20 % des cas), s’accompagner d’autres troubles comorbides (troubles anxieux, dépressions), avoir des conséquences somatiques et amener un retentissement fonctionnel important sur la vie sociale, affective et professionnelle ».

Pour en savoir plus : Printemps 2021 : pour une réouverture prudente et maîtrisée avec des objectifs sanitaires

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