L'accès aux postes de PU-PH n'est toujours pas paritaire

L'accès aux postes de PU-PH n'est toujours pas paritaire

@pixabay

De plus en plus de femmes intègrent le corps hospitalier. Pourtant, elles semblent se heurter à un mur lorsqu'elles veulent devenir professeur d'université-praticien hospitalier (PU-PH). C'est le constat établi par une équipe de chercheurs rennais, publié début juillet dans la revue internationale Plos One.

Des praticiens du CHU de Rennes ont publié, le 9 juillet, une étude sur la parité femmes-hommes dans les postes universitaires supérieurs en santé. Leur étude pointe un déséquilibre du genre dans le système de soins français mais aussi « dans de très nombreux pays". Les femmes étant "sous-représentées dans les postes universitaires supérieurs en milieu hospitalier », précise l'équipe de chercheurs.

Un problème sociétal

D'après les chiffres du Centre national de gestion (CNG), publié en janvier 2020, de plus en plus de femmes se lancent dans une carrière médicale. Selon le Dr Jean-Sébastien Allain, l'un des auteurs de l'étude, « il s'agit d'un phénomène sociétal. L'hôpital se féminise de plus en plus. Mais les femmes sont moins représentées dans les carrières universitaires ». En 2020, le CNG recensait 51 401 praticiens en activité à l'hôpital public. 49,7% des praticiens sont des femmes. Ces chiffres montrent aussi que 52% des PH sont des femmes, 22% chez les PU-PH et 48,6% chez les maîtres de conférences.

Par ailleurs, si les femmes accèdent plus rapidement aux postes de PH et de conférenciers, elles deviennent professeurs titulaires plus tardivement, autour de 43 ans, contre 41 pour les hommes. De plus, la proportion annuelle de femmes nommées varie significativement. Entre 1999 et 2019, elle est passée de 47,6% à 60,4% pour les praticiens hospitaliers, de 50% à 44,6% pour les conférenciers et de 11,2% à 33,3% pour les PU-PH.

Des inégalités transdisciplinaires

73% des PH en pharmacie sont des femmes, « pourtant, elles sont deux fois moins représentées chez les PU-PH », souligne Jean-Sébastien Allain. Cet écart se retrouve dans différentes spécialités médicales. En pneumologie, par exemple, 46% des professeurs associés sont des femmes ; pourtant, elles ne représentent que 14% des PU-PH. À l'inverse, en urologie, aucune femme n'est PU-PH. Ce qui peut s'expliquer par le fait que cette spécialité est majoritairement masculine, d'après les chiffres du CNG et de l'étude rennaise.

Si les auteurs du rapport ont constaté une tendance à l'amélioration de la parité au cours des 20 dernières années, Jean-Sébastien Allain déplore « un véritable plafond de verre pour les femmes, qui perdure, non pas pour les postes de MCU-PH (conférenciers) mais bien pour les PU-PH. Nous avons souhaité réaliser un état des lieux pour comprendre, et tout n'est pas explicable ».

Pour en savoir plus : L'inégalité femmes-hommes parmi les praticiens médicaux, pharmaceutiques et dentaires dans les hôpitaux français : Où étions-nous et où en sommes-nous maintenant ?

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