Assises de la Santé Mentale : la FHF attend «un sursaut collectif» en faveur de la psychiatrie publique

Assises de la Santé Mentale : la FHF attend «un sursaut collectif» en faveur de la psychiatrie publique

Dans le cadre des  Assises de la Santé Mentale et de la Psychiatrie, qui se tiennent ces 27 et 28 septembre, la Fédération hospitalière de France appelle les pouvoirs publics à prendre des mesures fortes et avance ses propositions.

Si la situation était déjà préocupante avant-crise sur le front des troubles psychiques, les derniers mois l’ont clairement aggravée, alertent les dirigeants hospitaliers. Ils pointent notamment à cet égard  les résultats de l’enquête CoviPrev de Santé Publique France[1]et renvoient à l’étude sur la santé mentale des adolescents réalisée par le Fonds FHF en 2020. Dans ce contexte, ils attendent  du gouvernement de faire de ces Assises «un moment de sursaut collectif en faveur de la psychiatrie publique» et mettent en avant leurs propositions.

« Nous donner les moyens d’une psychiatrie publique à la hauteur de l’urgence, c’est aussi nous donner les moyens d’assurer des prises en charge à la hauteur du devoir de dignité et d’humanité que nous avons envers les patients, souligne Zaynab Riet, la déléguée générale de la fédération. Alors que  la France accueillera début octobre un sommet mondial centré sur la question des droits des patients souffrant de troubles psychiques, nous n’avons pas d’autre choix que de faire de ces Assises un moment refondateur».

5 propositions de la FHF pour la psychiatrie

Renforcer l’attractivite des métiers

La première urgence se trouve du côté des moyens, humains alloués au secteur psychiatrique estime la fédération. Actuellement, le nombre de psychiatres hospitaliers (surtout en pédopsychiatrie) reste largement insuffisant pour faire face aux besoins médicaux sur le terrain. Il est donc indispensable selon elle d’activer les leviers nécessaires afin de renforcer les équipes et permettre une meilleure prise en charge territoriale. La FHF propose que des mesures significatives d’amélioration de l’attractivité soient prises, notamment financières. Elle propose également que soient mieux décrites et précisées les missions propres des IDE, IPA et psychologues, et que la formation initiale des IDE soit améliorée dans le domaine de la psychiatrie.

Organiser le rattrapage des financements pour le secteur public

« Il est vital que la réforme de financement de la psychiatrie qui entrera en vigueur en janvier 2022 acte un rattrapage net en faveur de la psychiatrie publique», avertit la FHF, arguant que le mode de financement actuel, qui date de 40 ans, ne permet pas de financer de façon efficiente une offre de soins conforme aux priorités de santé mentale. «Dans le même temps, l’enveloppe allouée aux acteurs privés lucratifs (OQN) croît quatre fois plus vite que celle allouée aux acteurs du public et du privé non-lucratif (DAF)[2], s'élèvent les dirigeants des hôpitaux publics. Résultat, on finance aujourd’hui la sur-rentabilité des cliniques à but lucratif de psychiatrie – environ 8,5% de taux de rentabilité, soit huit fois plus que pour les établissements privés de médecine-chirurgie-obstétrique[3] – plutôt que les acteurs publics qui peinent à faire face aux hausses du nombre de patients».

Renforcer la territorialisation des parcours

Pionnière de la notion de responsabilité populationnelle, l’organisation des soins en psychiatrie fait actuellement face à un morcellement progressif de l’offre. Cette tendance, liée à des ressources insuffisantes, ne permet pas d’assurer la cohérence entre les différentes étapes du parcours et fragilise la logique populationnelle du secteur. La FHF propose de d’intégrer tous les modes de prise en charge dans une logique sectorielle, et recommande d’améliorer le lien avec la médecine de ville en incitant les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) à rentrer dans les Projets Territoriaux de Santé Mentale (PTSM), en consolidant ces derniers.

Améliorer les droits des patients et la qualité des prises en charge

La FHF demande qu’un plan d’ensemble national et coordonné d’amélioration de la qualité des prises en charge en psychiatrie soit mis en œuvre, et aborde en particulier l’objectif de réduction des pratiques de contention/l’isolement, et l’amélioration des prises en charge ambulatoires et à domicile.

Lancer une campagne d’information à destination du grand public

« La prise en charge des problématiques de santé mentale restera insuffisant tant que les préjugés sur les maladies persisteront, observent les responsables hospitaliers. Il y a un réel besoin de déstigmatisation pour inciter les malades à parler de leurs situations à des professionnels de santé, et pour permettre aux aidants d’être des acteurs clés de la guérison de leurs proches»Notant le succès de la campagne d’information publique sur la vaccination, la FHF appelle à reproduire l’expérience sur le sujet de la santé mentale pour, enfin, sensibiliser le grand public sur ces questions.

À lire aussi

Retrouvez toutes nos actualités dans la newsletter

Pour vous abonner à notre newsletter, veuillez svp saisir votre adresse email dans le formulaire ci-dessous et cliquer sur le bouton « Envoyer » :

* Champ obligatoire

Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité.

Vous pouvez mettre à jour vos préférences d’abonnement.