Entre COVID et présidentielles, la Fédération hospitalière de France annonce sa feuille de route !

Entre COVID et présidentielles, la Fédération hospitalière de France annonce sa feuille de route !

Conférence de rentrée de la FHF

Obligation vaccinale, situation sanitaire outremer, déprogrammations, assises de la psychiatrie : la Fédération hospitalière de France (FHF) fait sa rentrée sur fond de crise sanitaire et en perspective des élections présidentielles.

« La crise sanitaire nous occupe encore: 83% des patients atteints de COVID-19 sont pris en charge à l'hôpital public», a déclaré Frédéric Valletoux en ouverture de la conférence de presse de la Fédération hospitalière de France, mardi 7 septembre. 

Si le président de la FHF se félicite de l'effet bénéfique de la politique vaccinale et de l'instauration du pass sanitaire sur l'inflexion de l'épidémie de COVID, il déplore cependant l'ampleur des déprogrammations occasionnées par la crise sanitaire et leur impact sur le système de santé.

Une forte baisse de l'activité hospitalière hors COVID

L'activité hospitalière a baissé de 2,3 millions de séjours durant l'année 2020, estime la FHF. Une baisse qui se poursuit sur l'année 2021. Les chiffres du premier trimestre 2021 montrent une diminution de 3% par rapport à 2019 ( année hors crise), soit environ 270 000 séjours en moins. «Ce qui induit un déficit conséquent pour les établissements, souligne Frédéric Valletoux, sachant que l'hôpital public reste encore financé à 50% sur l'activité. Un impact financier dont le gouvernement devra tenir compte»

Cécile Chevance, responsable du pôle finances de la FHF, précise que ces déprogrammations provoquent un écart entre le public et le privé. L'extrême majorité des établissements publics devant prendre en charge les patients atteints du Covid-19 en plus de relancer son activité. 

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Un soutien total envers l'obligation vaccinale

Afin d'accélérer la reprise de l'activité hospitalière, le président de la FHF compte en partie sur l'obligation vaccinale. Une population vaccinée permettra une meilleure gestion de la reprise, estime-t-il. Amélie Roux, responsable du pôle Ressources humaines de la FHF, rappelle à cet effet que «toutes les personnes qui devront travailler dans un établissement de santé devront être vaccinées. Ce qui comprend également les intervenants extérieurs, les intérimaines, les étudiants, et même l'équipe de maintenance. Aucun report vaccinal ne sera toléré. Seules les contre-indications médicales sont considérées comme des justifications».

Revenant sur les sanctions professionneles liées à l'absence de vaccination, elle précise qu'une période de transition est prévue dans le cadre du shéma vaccinal. Une primo-injection doit être réalisée à partir du 12 septembre. Tandis que la seconde dose doit être faite pour le 15 octobre. Un entretien individuel avec le professionnel concerné est également prévu dans ce cadre. En tout état de cause, pour Zaynab Riet, secrétaire générale de la FHF : «La première préoccupation d'un professionnel de santé, doit être de protéger ses patients, c'est une obligation. D'autant que ce n'est pas la première fois que le vaccin est obligatoire».

À ce jour, la FHF n'a pas chiffré le nombre potentiel d'hospitaliers réticents à la vaccination. Elle évoque «quelques centaines, quelques milliers de contestataires», tandis que la Direction générale de la santé (DGS) estime que 10% des soignants seraient concernés par cette absence de volonté vaccinale. 

Une situation toujours préoccupante outre-mer

Dans un contexte épidémique aigu, Gérard Cottelon, directeur du CHU de Pointe-à-Pitre, s'inquiète de la situation hopsitalière très tendue outre-mer. Il évoque une couverture vaccinale très en dessous de celle en métropole: 36% de la population aurait reçu une primo-injection, tandis que 24 % aurait complété un schéma vaccinal. Le responsable hospitalier redoute particulièrement le déconfinement du 19 septembre, surtout «face à des antivax très présents sur le terrain». Le directeur du CHU guadeloupéen explique que la vaccination est devenue un acte politique, une revendication nationaliste notamment chez les jeunes générations. Frédéric Valletoux rappelle de son côté  l'implication de l'hôpital public dans ce contexte, alors que «60 % des soignants qui sont envoyés en outre-mer sont des hospitaliers venant du public».

La réforme de la psychiatrie en première ligne

Au-delà de l'actualité de la crise du COVID, la FHF a aussi saisi l'occasion de ce rendez-vous médiatique de rentrée pour pointer les grands chantiers en oeuvre et les réformes au programme des prochains mois. Le secteur de la psychiatrie et de son parcours de soins étant l'un des sujets brûlants. «Nous savons, depuis plusieurs années, qu'un patient atteint de troubles psychiatriques a une inégalité en matière de longévité et d'accès aux soins et qu'à ce titre, il est urgent de pouvoir accordé à ces patients une prise en charge de qualité égale à celle de toute autre personne», s'est ainsi élevée Zaynab Riet. Et d'annoncer que les prochaines "Assises de la psychiatrie" permettront d'évoquer les trois grandes réformes à venir. A savoir: 
- assurer les droits des patients atteints de troubles
- créer un parcours de soins multiple, avec différentes spécialités médicales
- relancer l'activité et l'attractivité en renforçant le maillage des hôpitaux de proximité.

Les enjeux de l'élection présidentielle

Pour finir, Frédéric Valletoux laisse entendre que l'hôpital public a une forte carte à jouer à l'occasion des futures élections présidentielles. L'occasion sera ainsi donnée selon lui de poursuivre et renforcer  le grand chantier de réformes engagé. Zaynab Riet abonde dans ce sens. Pour la déléguée générale de la FHF, les évènements en santé doivent être un enjeu de la présidentielle : « les universités d'été de la FHF, SantExpo, qui aura lieu au mois de novembre, poseront les enjeux de la résilience et de l'engagement gouvernemental autour de la santé. Car plus que jamais, nos concitoyens ne comprendraient pas que le santé ne soit pas une pierre angulaire des programmes pour l'élection présidentielle ».

Frédéric Valletoux annonce dans cette idée que les différents candidats à l'élection seront conviés lors de la journée hommage aux soignants, le 17 mars 2022, quelques semaines avant le premier tour. Pour le président de la FHF: «Le prochain quinquennat doit être celui des grands chantiers et des réformes audacieuses. L'hôpital ne peut plus se permettre un nouveau rendez-vous manqué».

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