L'efficacité des Urgences en chiffres

Nicolas Staelen

Garantir un accès aux soins urgents à l’ensemble des Français est l’un des principes fondamentaux des politiques de santé sur le territoire national. Pour autant, au-delà d’une couverture de l’ensemble de la population, se pose également la question de la qualité et de la sécurité des soins dispensés et de l’efficience du maillage de l’offre sur les territoires.

On dénombre 639 services d’urgences et 453 antennes SAMU-SMUR, qui ont accueilli en 2016 près de 21 millions de patients aux urgences (1). En 2016, la couverture des structures d’urgences reste toujours hétérogène en métropole et en Corse. C’est ce que met en lumière la carte interactive d’accès aux services d’urgences élaborée par Altense.
Selon la méthode de calcul employée (lire l'encadré méthodologie), entre 1,5 et près de 7 millions d’habitants se trouvent hors d’une zone d’accès à 30 minutes d’un service d’urgences.
Les départements les plus lésés sont la Lozère (50.94% des patients à plus de 30 minutes d’un SAU), la Dordogne (34.27%) et la Corse du Sud (32.74%).

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Un besoin de proximité. Les politiques régionales définies dans les Projets régionaux de santé (PRS) en cours d’élaboration prévoient, pour certaines Agences régionales de santé (ARS), des fermetures partielles ou totales de services d’urgences avec parfois un risque d’accroitre les inégalités d’accès aux soins urgents. 

Or, les enjeux ne résident pas uniquement dans la prise en charge des urgences pour la population mais également dans l’offre de soins globale proposée aux patients. En effet, les urgences sont une porte d’entrée importante vers des prises en charges en hospitalisation conventionnelle (en médecine et en chirurgie) : En moyenne, 34,5% des séjours hospitaliers font suite à un passage aux urgences (2).
Fruit d’une culture de recours au service d’urgences accessible à tout moment, disposant des plateaux techniques, de laboratoires de biologie, ces services jouent un rôle majeur dans l’offre de soins. Relais ou substitut à l’offre de premier recours, ils répondent à un véritable besoin de proximité.
Pour autant l’engorgement de certains services ou parfois leur absence, ajoutés à des déficits structurels majeurs imposent de redéfinir les règles de la consommation de soins tout autant que le maillage de l'offre globale sur les territoires : premier recours avec permanence des soins / plateau technique d’urgences / prise en charge programmée / gradation des niveaux de recours / etc.
Autant de paramètres à prendre en compte pour répondre de manière efficiente aux besoins réels de la population.

1 - Sources SAE 2016
2 - Source PMSI MCO 2016

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La carte interactive a été conçue selon la méthode suivante :
- Recensement de l’ensemble des services d’Urgences, SAMU et SMUR à partir de la statistique annuelle des établissements de santé.
- Pour chaque service d’urgence, construction de la zone isochrone autour de la structure (accès à moins de 30 minutes par la route, calculé selon les données OpenStreetMap). Il s’agit des zones en bleu visible sur la carte.

Calcul de la population située à plus de 30 minutes d’un service d’urgences, selon trois méthodes :
- Méthode « 100% hors zone » : on considère que les habitants de chaque IRIS (l'îlot regroupé pour l'information statistique est un niveau de collecte et de diffusion des données à l'échelle infra-communale) sont à plus de 30 minutes de voiture d’un SAU si l’ensemble de l’IRIS est situé hors de toute zone isochrone.
- Méthode « chevauchement » : à l’inverse, l’IRIS doit être complétement inclus dans la zone isochrone pour estimer que ses habitants ont accès à un service d’urgence à moins de 30 minutes. 
- Méthode « centroïde » : cette méthode est basée sur le centroïde de l’IRIS (centre de gravité). On considère ainsi que les habitants d’un IRIS sont à moins de 30 minutes d’un service d’urgence si le centroïde de celle-ci se trouve dans une zone isochrone.
Cette troisième méthode, compromis entre les deux premières, apporte le constat suivant : 3.04 millions d’habitants sont situés à plus de 30 minutes d’un SAU, soit 4.77% de la population française.

 

 

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